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Histoire de la ville

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Une ville fondée au XIIème siècle

"Ville Dieu" se situe au cœur de la Normandie, à quelques lieues du Mont-Saint-Michel, de Granville, d’Avranches. Sa situation stratégique fait de cette cité un lieu de passage ancien, car dès le moyen-âge elle constitue une étape sur les chemins de pèlerinage vers le Mont-Saint-Michel. Stratégique également car dans les nombreux conflits de cette période, la ville sera exposée aux conséquences des différentes guerres livrées avec l’Angleterre.

Rien n’est connu de l’existence présupposée d’un village, Siennêtre, antérieur à la fondation de Villedieu, pas plus que du château Boucan, qui aurait été édifié sur l’actuel emplacement de l’église. Nous n’en trouvons aucune trace. Néanmoins, les trois villages de Sainte-Cécile, Saint-Pierre-du-Tronchet et Saultchevreuil existent déjà depuis longtemps quand au XIIème siècle Henri Ier Beauclerc fait don (vers 1126-1130) des 12 hectares du futur Villedieu aux chevaliers de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem. Ce don est une récompense faite aux Hospitaliers, qui ont rendu de grands services aux Croisées en Terre-Sainte lors de la première croisade. Parmi ces princes, de nombreux normands ont permis la reconquête de Jérusalem, cela explique que Villedieu, Villa Dei (la ville de Dieu), soit la plus ancienne commanderie hospitalière d’Europe de l’ouest.

Rapidement après leur installation et les droits exceptionnels attachés à la Commanderie, les chevaliers de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem fondent leur « hôpital », c’est-à-dire le manoir seigneurial auquel s’ajoutent l’église, la chapelle Saint-Blaise, le moulin banal et les fours banaux. Il n’est donc pas douteux que le bief du moulin a été creusé dès la fin du XIIème siècle. Ces chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem seront plus tard connus sous le nom de chevaliers de Malte.

Villedieu conserve la mémoire de cette histoire singulière en célébrant tous les quatre ans « Le Grand Sacre ». Cet évènement religieux né au XVIIème siècle, unique en France, a lieu lors de la Fête-Dieu au mois de juin. Il rassemble des milliers de spectateurs et de nombreux chevaliers de Malte. La ville se pare alors aux couleurs de l’ordre souverain. Chaque quartier de la ville fabrique un reposoir, sorte de chapelle extérieure. Une longue procession serpente alors dans les rues de la cité sourdine, s’arrêtant à chaque reposoir pour y chanter des prières.


Le cuivre de Villedieu


Forts de ces droits et exemptions d’impôts royaux, les Hospitaliers de Villedieu développent fortement le commerce, avec un marché important, qui se tient depuis le milieu du XIIème siècle le mardi, et qui est resté un des plus importants du sud Manche. Ils introduisent aussi l’artisanat du cuivre dans notre cité, qui va devenir un des plus grands centres européens de poeslerie et chaudronnerie dès les XIIème et XIVème siècles. Les habitants de Villedieu s’appellent les « Sourdins », du fait du bruit assourdissant du travail du cuivre dans les très nombreux ateliers de la ville. Leur nom « savant » devrait être les Théopolitains (du grec theopolis : Cité de Dieu).

Villedieu sera, du reste, rapidement surnommée Villedieu « les Poêles », car sa production de poêles à bouillie la rendra célèbre, en des temps où ce récipient n’a pas d’égal. La bouillie de sarrasin est alors à la base de la nourriture de nos ancêtres, la poêle permet de laisser à l’âtre la préparation, et fournit un contenant pratique, solide et durable. Au fil de l’histoire, ce sont ces genres de contenants qui vont faire le succès de la poeslerie de Villedieu. De la poêle à bouillie à la canne à lait, en passant bien sûr par les célèbres casseroles en cuivre et autres articles culinaires, notre cité va prospérer jusqu’à la concurrence d’autres métaux et alliages au XIXème siècle.

Dans son Pantagruel, Rabelais, en 1532, évoque Villedieu en ces termes : « pour luy faire un paeslon à cuire sa bouillie, furent occupés tous les paesliers de Saumur en Anjou, de Villedieu en Normandie, de Brament en Lorraine. »

Lien vers site des musées (www.museesvilledieu.sitew.com, et l’atelier du cuivre www.atelierducuivre.com).

 

La dentelle de Villedieu


Apparue dès le XVIIIème siècle à Villedieu-les-Poêles, la fabrication de dentelle connaît un grand développement dans le courant du XIXème siècle. Méconnue, cet artisanat occupe en 1850 environ 500 femmes et jeunes filles, bien souvent femmes et filles de poesliers. Les motifs typiques sont la rose, le trèfle et la marguerite. Le travail se réalise sur un métier, muni d’une carte reproduisant le motif à réaliser, et cet ouvrage est réalisé à l’aide fuseaux, eux-aussi spécifiques à Villedieu. La maison de la Dentellière, située dans la Cour du Foyer (25 rue général Huard), lieu de visite, rend hommage à ces dextres dentellières. Ce savoir-faire est également toujours vivant : intégrée à la médiathèque municipale, l’école de la Dentelle, animée par Mme Maryline Lebois, recueille un succès grandissant.
Dates clés de l’histoire de Villedieu de sa fondation à la Révolution française.
 
• 1125-1135 : don d’une terre (environ 12 hectares) située près de Saultchevreuil aux frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem par Henri 1er Beauclerc. Fondation de Villa Dei de Saltu Capri (Villedieu de Saultchevreuil), création probable de l’église, du moulin, du four, du marché. Conflit latent avec les Dames de Saint-Désir de Lisieux, qui possèdent des rentes sur le marché de Saultchevreuil et le moulin (du Bourg L’Abbesse). Le marché de Villedieu s’impose, au détriment de celui de Saultchevreuil. Il a lieu le mardi et le vendredi.
• 1185 : première mention de la Chapelle Saint-Blaise.
• 1194 : charte de Richard 1er ratifiant la donation de Villa Dei aux frères Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.
• Fin XIIe-début XIIIe siècle : création du Foyer, début de l’artisanat du cuivre.
• 1312 : dissolution de l’ordre des Templiers par le pape Clément V, dont les biens et terres reviennent aux Hospitaliers. Dans la Manche, la Commanderie de Villedieu prend possession de nombreuses rentes dès 1313.
• 1328 : premiers statuts des poesliers.
• 1385 (16 octobre) : Charles VI accorde des lettres patentes demandant la création de fortifications, suite à la visite de l’amiral Jean de Vienne. Une milice bourgeoise est organisée pour garder la ville.
• 1393 (février) : visite de Charles VI à Villedieu.
• 1407 (avril) : de nouveaux statuts des poesliers sont approuvés par le roi Charles VI.
• Vers 1450 : dispersion de poesliers suite aux guerres.
• 1456 : mention de la restauration de la chapelle Saint-Blaise (recouverte à neuf et réfection d’un clocheton).
• 1481 (2 septembre) : Louis XI confirme les lettres patentes précédentes concernant les statuts et règlements des poesliers.
• 1495 : suite aux guerres, l’église Notre-Dame est réparée.
• 1499 : Villedieu devient membre de la Commanderie de Villedieu-les-Bailleul, perd ainsi son commandeur attitré. Celui de Villedieu les Bailleul enverra des représentants pour l’administration de la ville, et ce, jusqu’à la Révolution.
• 1562 (17 août) : destructions et pillages dans l’église dus à l’irruption de Huguenots. Des croix en granit sont brisées d’où le nom de place des Croix Brisées (route de Caen-route de St-Lô)
• 1587 : premier papier terrier (sous le Commandeur de Montigny), qui doit théoriquement être repris tous les 25 ans. Mention des trois portes fortifiées de la ville, qui n’ont ni ‘portes de bois ni herses’.
• 1590 (juillet) : des Huguenots s’emparent de l’église, ils sont délogés par les habitants de Villedieu qui les y enferment. A cours de nourriture, ils sont contraints de sortir et sont massacrés (plus de 100 morts).
• 1631 : le Commandeur d’Elbène prend possession, et trouve une maison seigneuriale en très mauvais état
• 1632 (27 mai) : incendie d’une partie de la ville (l’église, notamment sa tour, une partie des grandes halles, 80 maisons, le moulin, le four banal sont touchés). La reconstruction s’ensuit.
• 1659 : premier « Grand Sacre » à la Fête-Dieu, menée par la Compagnie de l’Auguste Sacrement de l’Autel fondée à Villedieu et confirmée l’année précédente.
• 1696 : réfection du Pont de Pierre par le Commandeur de Rochechouart, dont les armes ornent la pierre située en haut de la porte (actuellement devant la Mairie).
• 1716-1719 : création de l’hôpital de Villedieu, après les donations de Jean Gasté. Il est doté d’une chapelle.
• 1736 : prise de possession du Commandeur de Bouchet de Sourches de Montoreau, nombreux travaux de réfection (halles, Pont-Chignon, à cette occasion, disparition de la porte).
• 1755 : abolition (c’est-à-dire abandon du point de vue religieux) de la Chapelle Saint-Blaise, qui n’est pas dotée de fondation religieuse.
• 1774 : mise en cause des différents droits de la Commanderie par les bourgeois de Villedieu.
• 1790 : transfert du cimetière qui borde l’église, vers la route de Caen, près de la chapelle Saint-Etienne.
• 1791 (30 juillet) : abolition des ordres de chevalerie, dont l’ordre de Malte. 

 
Le patrimoine de Villedieu-les-Poêles


Les rues de Villedieu-les-Poêles sont autant de pages de son histoire. Promenez-vous au fil de la Sienne, et découvrez ses ruelles aux noms étranges, ses cours secrètes et ses différentes places !
 
Différentes entreprises perpétuent les savoir-faire liés au cuivre :
La Fonderie de Cloches Cornille Havard : www.cornille-havard.com
L’atelier du cuivre (visitable) : www.atelierducuivre.com
L’entreprise Mauviel : www.mauviel.com
Sans compter les nombreux commerçants de la ville.

Autres sites de visite : www.tapisserie-villedieu.com


Villedieu-les-Poêles aujourd’hui


La commune de Villedieu-les-Poêles compte 4056 habitants. Villedieu-les-Poêles se situe à proximité d’un axe important de l’A84 Rennes/Caen et à la jonction de l’A84 et Granville. Elle dispose d’une gare SNCF sur la ligne Paris-Granville. Sa desserte tant routière que ferroviaire en fait un des lieux de passage et de résidence de nombreux touristes. Sa superficie est de 803 hectares.








 




Villedieu-les-Poêles est un site d’attraction important du Pays de la baie du mont-Saint-Michel, avec ses différents lieux de visite (2 musées, 3 ateliers d’artisanat d’art, et le zoo de Champrépus), une grande capacité d’hébergements de 334 lits marchands et 105 emplacements de camping, et 13 chemins de randonnée pédestre, équestre et VTT. La commune organise tous les 2 ans les journées nationales des Métiers d’Art. Pôle d’Excellence Rurale des « Métiers d’art », la communauté de communes a ouvert depuis février 2010 le nouvel Office de Tourisme-Vitrine des Métiers d’Art sur une des grandes places de Villedieu-les-Poêles, la place des Costils.

www.ot-villedieu.fr et contact@ot-villedieu.fr
 

La ville possède deux sites classés Monuments Historiques : l’Eglise et la Cour du Foyer.